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DU CONTRAT SOCIAL.
aux jeunes princes l’art de régner : il ne paroit pasque cette éducation ieur profite. On fcroit mieuxde commencer par leur enseigner l’art d’obéir. Lesplus grands rois qu’ait célébrés l’histoire n’ont pointété élevés pour régner; c’est une science qu’on nepossède jamais moins qu’après l’avoir trop apprise,et qu’on acquiert mieux en obéissant qu’en com-mandant. « Nam utilissimus idem ac brevissimusy> bonarum malarumquc rcrum delectus, cogitarev> quid aut nolucris sub alio principe , aut vo~
» lueris (*). «
Une suite de ce défaut de cohérence est l’iiicoii- |stance du gouvernement royal , qui , se réglant |tantôt sur un plan et tantôt sur un autre, selon lecaractère du prince qui règne ou des gens qui ré-gnent pour lui, ne peut avoir long temps un objetfixe ni une conduite conséquente : yariation qui rendtoujours l’état flottant de maxime en maxime, deprojet en projet, et qui n’a pas lieu dans les autresgouvernements , où le prince est toujours le même.Aussi voit-on qu’en général, s’il y a plus de rusedans une cour, il y a plus de sagesse dans un sénat,et que les républiques vont à leurs fins par des vuesplus constantes et mieux suivies ; au lieu que chaquerévolution dans le ministère en produit une dansl’état, la maxime commune à tous les ministres, etpresque a tous les rois, étant de prendre en toutechose le contre-pied de leur prédécesseur. j
De cette même incohérence sc tire encore la so-
(*) Tacite, Hist. i, i6.