LIVRE III.
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lution d’un sophisme très-familier aux politiquesroyaux ; c’est non-seulement (le comparer le gou-vernement civil au gouvernement domestique , et leprince au père de famille; erreur déjà réfutée, maisencore de donner libéralement à ce magistrat toutesles vertus dont il auroit besoin, et de supposer tou-jours que le prince est ce qu’il devroit être : suppo-sition a l’aide de laquelle le gouvernement royal estévidemment préférable a tout autre, parce qu’il estincontestablement le plus fort, et que, pour êtreaussi le meilleur, il ne lui manque qu’une volontéde corps plus conforme à la volonté générale.
Mais si, selon.Platon (*), le roi par nature est unpersonnage si rare, combien de fois la nature et lafortune concourront-elles a le couronner ? Et si l’é-ducation royale corrompt nécessairement ceux quila reçoivent, que doit-on espérer d’une suite d’hom-mes élevés pour régner ? C’est donc bien vouloirs'abuser que de confondre le gouvernement royalavec celui d’un bon roi. Pour voir ce qu’est ce gou-vernement en lui-même, il faut le considérer sousdes princes bornés ou méchants ; car ils arriveronttels au trône, ou le trône les rendra tels.
Ces difficultés n’ont pas échappé à nos auteurs ;mais ils n’en sont point embarrassés. Le remèdeest, disent-ils, d’obéir sans murmure ; Dieu donneles mauvais rois dans sa colère, et il les faut sup-porter comme des châtiments du ciel. Ce discours