LIVRE III.
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autre principe, que, plus les contributions publi-ques s’éloignent de leur source, et plus elles sontonéreuses. Ce n’e&t pas sur la quantité des imposi-tions qu’il faut mesurer cette charge, mais sur lechemin qu’elles ont à faire pour retourner dans lesmains dont elles sont sorties. Quand cette circula-tion est prompte et bien établie , qu'on paie peu oubeaucoup, il n'importe ; le peuple est toujours riche,et les finances vont toujours bien. Au contraire ,quelque peu que le peuple donne, quand ce peu nelui revient point, en donnant toujours, bientôt ils’épuise , l’état n’est jamais riche et le peuple esttoujours gueux.
Il suit de là que plus la distance du peuple augouvernement augmente , et plus les tributs de-viennent onéreux : ainsi dans la démocratie, le peu-ple est le moins chargé; dans l’aristocratie, il l’estdavantage ; dans la monarchie, il porte le plus grandpoids. La monarchie ne convient donc qu’aux na-tions opulentes ; l’aristocratie aux états médiocresen richesse ainsi qu’en grandeur; la démocratie auxétats petits et pauvres.
En effet, plus on y réfléchit, plus on trouve enceci de différence entre les états libres et les mo-narchiques. Dans les premiers tout s’emploie à futi-lité commune; dans les autres les forces publiqueset particulières sont réciproques ; et l’une s’aug-mente par faffoiblissement de l’autre : entin, au lieude gouverner les sujets pour les rendre heureux , ledespotisme les rend misérables pour les gouverner.
Voilà donc, dans chaque climat, des causes na“