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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

turclles sur lesquelles on peut assigner la forme degouvernement à laquelle la force du climat l'en-traîne, et dire même quelle espèce d'habitants ildoit avoir.

Les lieux ingrats et stériles, où le produit ne vautpas le travail, doivent rester incultes et déserts , ouseulement peuplés de sauvages : les lieux où le tra-vail des hommes ne rend exactement que le néces-saire doivent être habités par des peuples barbares;toute politie y seroit impossible : les lieux où l'excèsde produit sur le travail est médiocre conviennentaux peuples libres : ceux où le terroir abondant etfertile donne beaucoup de produit pour peu de tra-vail , veulent être gouvernés monarchiquement ,pour consumer par le luxe du prince l'excès dusuperflu des sujets ; car il vaut mieux que cet excèssoit absorbé par le gouvernement que dissipé parles particuliers. Il y a des exceptions , je le sais:mais ces exceptions mêmes confirment la règle , ence qu'elles produisent tôt ou tard des révolutionsqui ramènent les choses dans Tordre de la nature.

Distinguons toujours les lois générales des causesparticulières qui peuvent en modifier TefTet. Quandtout le Midi seroit couvert de républiques, et toutle Nord d’états despotiques, il n’en seroit pasmoinsvrai que, par l’effet du climat, le despotisme con-vient aux pays chauds ,1a barbarie aux pays froids ,et la bonne politie aux régions intermédiaires. Jevois encore qu’en aecordantle principe, on pourradisputer sur l’application: on pourra dire qu’il ya des pays froids très-fertiles, et des méridionaux