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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

d’indigestion. « Nous sommes, dit Chardin , des» bêtes carnassières , des loups, en comparaison» des Asiatiques. Quelques-uns attribuent la so-» briété des Persans a ce que leur pays est moins» cultivé j et moi, je crois au contraire que leur» pays abonde moins en denrées, parce qu’il enfaut» moins aux habitants. Si leur frugalité , continue-» t-il, étoit un effet de la disette du pays, il n’y au-» roit que les pauvres qui mangeroient peu, au lieu» que c’est généralement tout le monde ; et on man-» geroit plus ou moins en chaque province, selon» la fertilité du pays, au lieu que la même sobriété» se trouve par tout le royaume. Ils se louent fort» de leur manière de vivre , disant qu’il ne faut que» regarder leur teint pour reconnoître combien elle» est plus excellente que celle des chrétiens. En« effet, le teint des Persans est uni j ils ont la peau» belle , fine , et polie 5 au lieu que le teint des Ar-» menions , leurs sujets, qui vivent a l'européenne ,« est rude, couperosé , et que leurs corps sont gros» et pesants. »

Plus on approche de la ligne, plus les peuplesviventdepcu. Ils ne mangent presque pasdeviandc 5le riz , le maïs , le cuzcuz, le mil, la cassave, sontleurs aliments ordinaires. Il y a aux Indes des mil-lions d’hommes dont la nourriture ne coûte pas unsou par jour. Nous voyons en Europe même desdifférences sensibles pour l’appétit entre les peuplesdu Nord et ceux du Midi. Un Espagnol vivra huitjours du dîner d’un Allemand . Dans les pays où leshommes sont plus voraces, le luxe se tourne aussi