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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

un effort continuel contre la souveraineté. Plus ceteffort augmente., plus la constitution s'altère ; et,comme il n'y a point ici d’autre volonté de corpsqui, résistant a celle du prince, fasse équilibre avecelle, il doit arriver tôt ou tard que le prince opprimeenfin le souverain et rompe le traité social. C’est làle vice inhérent et inévitable qui, dès la naissancedu corps politique, tend sans relâche à le détruire ,de même que la vieillesse et la mort détruisent enfinle corps de l'homme.

Il y a deux voies générales par lesquelles un gou-vernement dégénère : savoir, quand*il se resserre,ou quand l'état se dissout.

Le gouvernement se resserre quand il passe dugrand nombre au petit, c’cst-à-dirc de la démo-cratie à l’aristocratie , et de l'aristocratie a laroyauté. C’est la son inclinaison naturelle (a). S'ilrétrogradoit du petit nombre au grand, on pourvoit

qu’au milieu des meurtres, des proscriptions , des guerres ci-viles, notre république en devint plus puissante ; la vertu deses citoyens, leurs mœurs , leur indépendance, avoient plusd’effet pour la renforcer, que toutes ses dissensions n’en avoientpour l’aflbiblir# Un peQ d’agitation donne du ressort aux âmes,et ce qui fait vraiment prospérer l’espèce est moins la paixque la liberté.

(a) La formation lente et le progrès de la république deVenise dans ses lagunes offrent un exempte notable de celtesuccession; et il est bien étonnant que, depuis plus de douzecents ans, les Vénitiens semblent n’en être encore qu’au secondternie, lequel commença au Serrar di consiglio, en 1198. Quantaux anciens ducs qu’on leur reproche, quoi qu’en puisse dire