LIVRE III. 185
«ne solidité que les choses humaines ne compor-tent pas.
Le corps politique , aussi-bien que le corps del'homme, commence k mourir dès sa naissauce, etporte en lui-même les causes de sa destruction. MaisLun et l’autre peut avoir une constitution plus oumoins robuste et propre k le conserver plus ou moinslong-temps. La constitution de l’homme estl’ouvragede la nature , celle de l’état est l’ouvrage de l’art. 11ne dépend pas des hommes de prolonger leur vie ,il dépend d’eux de prolonger celle de l’état aussiloin qu’il est possible , en lui donnant la meilleureconstitution qu’il puisse avoir. Le mieux constituéfinira, mais plus tard qu’un autre , si nul accidentimprévu n’amène sa perte avant le temps.
Le principe de la vie politique est dans l’autoritésouveraine. La puissance législative est le cœur del’état, la puissance exécutive en est le cerveau , quidonne le mouvement k toutes les parties. Le cer-veau peut tomber en paralysie et l’individu vivreencore. Un homme reste imbécile et vit : maissitôt que le cœur a cessé ses fonctions , l’animalest mort.
Ce n’est point par les lois que l’état subsiste, c’estparle pouvoir législatif. La loi d’hier n’oblige pasaujourd’hui : mais le consentement tacite est pré-sumé du silence, et le souverain est censé confirmerincessamment les lois qu’il n’abroge pas, pouvantle faire. Tout ce qu’il a déclaré vouloir une fois, ille veut toujours , k moins qu’il ne le révoque.
Pourquoi donc portc-t-on tant de respect aux an-
1 ().