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186 DU CONTRAL SOCIAL.
tiennes lois ? C’est pour cela même. On doit croirequ’il n’y a que l’excellence des yolontés antiques quiles ait pu conserver si long temps : si le souverainne les eût reconnues constamment salutaires, il leseût mille fois révoquées. Voilà pourquoi , loin des’affoiblir, les lois acquièrent sans cesse une forcenouvelle dans tout état bien constitué ; le préjugéde l’antiquité les rend chaque jour plus vénérables :au lieu que partout où les lois s'affaiblissent en vieil-lissant, cela prouve qu’il n’y a plus de pouvoir lé-gislatif, et que l’état no vit plus.
CHAPITRE XII.
Comment se maintient l’Autorité souveraine.
Le souverain, n’ayant d’autre force que la puis-sance législative, n'agit que par des lois ; et les loisn’étant que des actes authentiques de la volontégénérale, le souverain ne sauroit agir que quand lepeuple est assemblé. Le peuple assemblé, dira-t-on;quelle chimère! C’est une chimère aujourd’hui;mais ce n’en ctoit pas une il y a deux mille ans. Leshommes ont-ils changé de nature?
Les bornes du possible , dans les choses morales,sont moins étroites que nous ne pensons : ce sontnos foiblesses , nos vices , nos préjuges, qui les ré-trécissent. Les t\mes basses ne croient point auxgrands hommes : de vils esclaves sourient d’un airmoqueur a ce mot de liberté.
Par ce qui s’est. fait considérons ce qui se peut.