LIVRE III.
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faire. Je ne parlerai pas des anciennes républiquesde la Grèce ; mais la république romaine étoit, ceme semble , un grand état, et la ville de Rome unegrande ville. Le dernier cens donna dans Rome quatre cent mille citoyens portant armes, et le der-nier dénombrement de l’empire plus de quatre mil-lions de citoyens, sans compter les sujets, les étran-gers, les femmes, les enfants, les esclaves.
Quelle difficulté n’imagineroit-on pas d’assemblerfréquemment le peuple immense de cette capitaleet de ses environs ! Cependant il se passoit peu desemaines que le peuple romain ne fut assemblé, etmême plusieurs fois. Non-seulement il exerçoit lesdroits de la souveraineté, mais une partie de ceuxdu gouvernement. Il traitoit certaines affaires, iljugeoit certaines causes , et tout ce peuple étoit surla place publique presque aussi souvent magistratque citoyen.
En remontant aux premiers temps des nations ,on trouveroit que la plupart des anciens gouverne-ments , même monarchiques, tels que ceux des Ma-cédoniens et des Francs , avoicntde semblables con-seils. Quoi qu'il en soit, ce seul fait incontestablerépond à toutes les difficultés : de l'existant au pos-sible la conséquence me paroit bonne.
CHAPITRE XIII.
Suite.
Il ne suffit pas que le peuple assemblé ait une