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DU CONTRAT SOCIAL.
remplii* eux-mêmes. Je suis bien loin des idées com-munes ; je crois les corvées moins contraires à la li-berté ([«ie les taxes.
Mieux l’état est constitué, plus les affaires publi-ques l’emportent sur les privées, dans l’esprit descitoyens. Il y a même beaucoup moins d’affairesprivées , parce que la somme du bonheur communfournissant une portion plus considérable à celui dechaque individu, il lui en reste moins a chercherdans les soins particuliers. Dans une cité bien con-duite chacun vole aux assemblées ; sous un mauvaisgouvernement nul n’aime à faire un pas pour s’y ren-dre , parce que nul ne prend intérêt a ce qui s'yfait, qu’on prévoit que la volonté générale n’y do-minera pas , et qu’enfin les soins domestiques absor-bent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleu-res , les mauvaises en amènent de pires. Sitôt quequelqu’un dit des affaires de l’état, que m’importe?on doit compter que l’état est perdu.
L’attiédissement de l’amour de la patrie, l’acti-vité de l’intérêt privé l’immensité des états , les con-quêtes, l’abus du gouvernement, ont fait imaginerla voie des députés ou représentants du peuple dansles assemblées de la nation. C’est ce qu’en certainspays on ose appeler le tiers-état. Ainsi l’intérêt parti-culier dé deux ordres est mis au premier et secondrang ; l’intérêt public n’est qu'au troisième.
La souveraineté ne peut être représentée, par lamême raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle con-siste essentiellement dans la volonté générale, et lavolonté ne sè représente point : elle est la même,