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Tome I.
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LIVRE III

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ou elle est autre ) il n’y a point de milieu. Les dépu-tés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être sesreprésentants ; ils ne sont que ses commissaires \ ilsne peuvent rien conclure définitivement. Toute loique le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle •ce n'est point une loi. Le peuple anglois pense êtrelibre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant Téléc -tion des membres du parlement : sitôt qu’ils sontélus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courtsmoments de sa liberté, l’usage qu’il en fait méritebien qu’il la perde.

L’idée des représentants est moderne ; elle nousvient du gouvernement féodal, de cet inique et ab-surde gouvernement dans lequel l’espèce humaineest dégradée, et où le nom d’homme est en déshon-neur. Dans les anciennes républiques , et même dansles monarchies, jamais le peuple n’eut des représen-tants j on ne connoissoit pas ce mot-là. 11 est très-singulier qu’à Rome , où les tribuns étoient si sacrés,on li ait pas même imaginé qu’ils pussent usurper lesfonctions du peuple, et qu’au milieu d’une si grandemultitude ils n’aient jamais tenté de passer de leurchef un seul plébiscite. Qu’on juge cependant deRembarras que causoit quelquefois la foule, parcequi arriva du temps des Gracques, où une partiedes citoyens donnoit son suffrage de dessus lestoits.

Où le droit et la liberté sont toutes choses, lesinconvénients ne sont rien. Chez ce sage peupletout étoil mis à sa juste mesure : il laissoit faire àses licteurs ce que ses tribuns n’eussent osé faire ;

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