LIVRE III.
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ment étoit un contrat entre le peuple et les chefsqu’il se donne, contrat par lequel on stipuloit entreles deux parties des conditions sous lesquelles l’unes’obiigeoit à commander et Vautre a obéir. On con-viendra, je m’assure, que voilà une étrange manièrede contracter. Mais voyons si cette opinion est sou-tenable.
Premièrement l’autorité suprême ne peut pas plusse modifier que s’aliéner j la limiter, c’est la détruire.Il est absurde et contradictoire que le souverain sedonne un supérieur; s’obliger d’obéir à un maître,c’est se remettre en pleine liberté.
De plus , il est évident que ce contrat du peupleavec telles ou telles personnes seroit un acte particu-lier ; d’où il suit que ce contrat ne sauroit être uneloi ni un acte de souveraineté, ef; que par conséquentil seroit illégitime.
On voit encore que les parties contractantes se-roient entre elles sous la seule loi de nature et sansaucun garant de leurs engagements réciproques , cequi répugne de toutes manières à l’état civil : celuiqui a la force en main étant toujours le maître del’exécution, autant vaudroit donner le nom de con-trat. à l’acte d’un homme qui diroit à un autre :« Je vous donne tout mon bien, à condition que» vous m’en rendrez ce qu’il vous plaira. »
Il n’y a qu'un contrat dans l’état, c’est celui del’association : celui-là seul en exclut tout autre. Onne sauroit imaginer aucun contrat public qui ne futune violation du premier.
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