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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

Un état ainsi gouverné a besoin de très-peu de 1lois ; et, à mesure qu’il devient nécessaire d'enpromulguer de nouvelles, cette nécessité se voituniversellement. Le premier qui les propose 11efait que dire ce que tous ont déjà senti , et il |

n’est question ni de brigues ni d’éloquence pour [

faire passer en loi ce que chacun a déjà résolu Ide faire, sitôt qu’il sera sûr que les autres le ferontcomme lui.

Ce qui trompe les raisonneurs , c’est que, nevoyant que de5 états mal constitués dès leur origine,ils sont frappés de l’impossibilité d’y maintenir unesemblable police j ils rient d’imaginer toutes les sot-tises qu’un fourbe adroit, un parleur insinuant,pourroit persuader au peuple de Paris ou de Lon-dres. Us ne savent pas que Cromwell eût été mis auxsonnettes par le peuple de Berne , et le duc deBeaufort a la discipline par les Génevois.

Mais quand le nœud social commence à se relâ-cher et l’état à s’afïbiblir , quand les intérêts parti-culiers commencent à se faire sentir et les petitessociétés a influer .sur la grande, l’intérêt communs’altère et trouve des opposants: runanimité 11erègne plus dans les voix ; la volonté générale 11’estplus la volonté de tous ; il s’élève des contradictions,des débats’ ; et le meilleur avis ne passe point sansdisputes.

Enfin, quand l’état,près de sa ruine, ne subsisteplus que par une forme illusoire et vaine, que lelien social est rompu dans tous les cœurs, que leplus vil intérêt se pare effrontément du nom sacré J