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Tome I.
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LIVRE IV.

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du bien public; alors la volonté générale devientmuette ; tous, guidés par des motifs secrets, n’opi-nent pas plus comme citoyens que si l’état n’eut ja-mais existé ; et l’on fait passer faussement sous lenom de lois des décrets iniques qui n'ont pour butque l’intérêt particulier.

S’ensuit-il delà que la volonté générale soit anéan-tie ou corrompue? Non: elle est toujours constante,inaltérable et pure, mais elle est subordonnée àd'antres qui l’emportent sur elle. Chacun, détachantson intérêt de l’intérêt commun, voit bien qu’il nepeut l’en séparer tout-à-fait; mais sa part du mal pu-blic ne lui paroit rien auprès du bien exclusif qu’ilprétend s’approprier. Ce bien particulier excepté,il veut le bien général pour son propre intérêt, toutaussi fortement qu’aucun autre. Même en vendantson suffrage «à prix d’argent il n’éteint pas en lui lavolonté générale, il l'élude. La faute qu’il commetest de changer l’état de la question et de répondreautre chose que ce qu'on lui demande : en sortequ'au lieu de dire, par son suffrage, « Il est avan-» tageux à l’ctat, » il dit: « Il est avantageux à tel•a homme ou à tel parti que tel ou tel avis passe. »Ainsi la loi de l’ordre public dans Les assembléesn’est pas tant d’y maintenir la volonté générale quede faire qu’elle soit toujours interrogée et qu elleréponde toujours.

J’aurois ici bien des réflexions à faire sur le sim-ple droit de voter dans tout acte de souveraineté,droit que rien ne peut ôter aux citoyens, et sur ce-lui d’opiner, de proposer, de diviser, de discuter,9 . 18