LIVRE IV.
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dans la nature delà démocratie , où l'administrationest d’autant meilleure que les actes en sont moinsmultipliés.
Dans toute véritable démocratie la magistraturen’est pas un avantage, mais une charge onéreusequ’on ne peut justement imposer à un particulierplutôt qu’a un autre. La loi seule peut imposer cettecharge à celui sur qui le sort tombera. Car alors lacondition étant égale pour tous, et le choix ne dé-pendant d’aucune volonté humaine, il n'y a pointd’application particulière qui altère l’universalitéde la loi.
Dans l’aristocratie le prince choisit le prince, legouvernement se conserve par lui-même, et c’est làque les suffrages sont bien placés.
L'exemple de l’élection du doge de Venise con-firme cette distinction loin de la détruire : celteforme mêlée convient dans un gouvernement mixte.Car c’est une erreur de prendre le gouvernement deVenise pour une véritable aristocratie. Si le peuplen’y a nulle part au gouvernement, la noblesse y estpeuple elle-même. Une multitude de pauvres bar-nabotes n’approcha jamais d’aucune magistrature ,et n’a de sa noblesse que le vain titre d’excellenceet le droit d’assister au grand-conseil. Ce grand-conseil étant aussi nombreux que notre conseil gé-néral à Genève , scs illustres membres n'ont pas plusde privilèges que nos simples citoyens. Il est certainqu êtant l’extrême disparité des deux républiques,la bourgeoisie de Genève représente exactement lepalriciat vénitien ; nos natifs et habitants représon-