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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

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tent les citadins et le peuple de Venise ; nos paysansreprésentent les sujets de terre-ferme : enfin , dequelque manière que l’on considère cette républi-que , abstraction faite de sa grandeur, son gouver-nement n’est pas plus aristocratique que le nôtre.Toute la différence est que, n’ayant aucun chef àvie , nous n’avons pas le même besoin du sort.

Les élections par le sort auroient peu d’incon-vénients dans une véritable démocratie, où, toutétant égal aussi-bien par les mœurs et par les talentsque par les maximes et par la fortune, le choix de-viendrait presque indifférent. Mais j’ai déjà dit qu’iln’y avoit point de véritable démocratie.

Quand le choix et le sort se trouvent mfdés, lepremier doit remplir les places qui demandent destalents propres, telles que les emplois militaires:l’autre convient à celles où suffisent le bon sens, lajustice j l’intégrité , telles que les charges de judica-ture ; parce que, dans tin état bien constitué, cesqualités sont communes a tous les citoyens.

Le sort ni les suffrages n'ont aucun lieu dans legouvernement monarchique. Le monarque étant dedroit seul prince et magistrat unique, le choix de seslieutenants n’appartient qu'a lui. Quand l’abbé deSaint-Pierre proposoit de multiplier les conseils du.roi de France et d’en élire les membres par scrutin,,il ne voyoit pas qu’il proposoit de changer la formedu gouvernement.

Il me resteroit a parler de la manière de donneret de recueillir les voix dans l’assemblée du peuple jmais peut être l’historique de la police romaine «à