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Tome I.
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LIVRE IV.

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appui d'une bonne constitution ; mais , pour peu deforce qu'il ait de trop, il renverse tout : à l’égardde la foiblesse, elle n’est pas dans sa nature; etpourvu qu'il soit quelque chose , il n’est jamaismoins qu'il 11e faut.

Il dégénère en tyrannie quand il usurpe la puis-sance exécutive, dont il n’est que le modérateur,et qu’il veut dispenser des lois , qu’il 11e doit queprotéger. L’énorme pouvoir des éphorcs , qui futsans danger tant que Sparte conserva ses mœurs ,en accéléra la corruption commencée. Le sang d’A-gis égorgé par ces tyrans fut vengé par son succes-seur : le crime et le châtiment des éphores hâtèrentégalement la perte de la république ; et après Cléo-mène Sparte ne fut plus rien. Rome périt encorepar la même voie ; et le pouvoir excessif des tri-buns , usurpé par degrés, servit enfin, à l’aide deslois faites pour la liberté, de sauvegarde aux empe-reurs qui la détruisirent. Quant au conseil des Dixà Venise , c’est un tribunal de sang , horrible»égale-ment aux patriciens et au peuple, et qui, loin deprotéger hautement les lois, 11e sert plus, après leuravilissement, qu’à porter dans les ténèbres des coupsqu’on n’ose apercevoir.

Le tribunat s’alïoiblit, comme le gouvernement,par la multiplication de ses membres. Quand lestribuns du peuple romain , d'abord au nombrede deux, puis de cinq, voulurent doubler ce nom-bre, le sénat les laissa faire , bien sûr de conte-nir.les uns par les autres; ce qui ne manqua pasd’arriver.

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