LIVRE IV.
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quelle note pour l’autre, sans avoir donné ni louangeni blâme à aucun des deux ! Certains ivrognes deSamos ( a ) souillèrent le tribunal des épliores : lelendemain, par édit public, il fut permis aux Sa-miens d’être des vilains. Un vrai châtiment eut étémoins sévère qu'une pareille impunité. Quand Sparte a prononcé sur ce qui est ou n’est pas honnête, laGrèce n’appelle pas de ses jugements.
CHAPITRE VIII.
De la Religion civile (* *).
Les hommes n’eurent point d’abord d’autres rois
(a) Us étoient d’une autre île , que la délicatesse de notrelangue défend de nommer dans cette occasion *.
(*) L’idée fondamentale de ce chapitre est présentée denouveau, expliquée et développée dans les Lettres de la Monta-gne. Partie i, Lettre première.
Voyez aussi sur ce même chapitre la lettre à M. Ustéri dui5 juillet 1763 .
* On conçoit difficilement comment le nom d’une île peutblesser la délicatesse de notre langue. Pour entendre ceci, il fautsavoir que Rousseau a pris ce trait dans Plutarque {Dîcts nota-bles des Lacédémoniens) , qui le raconte dans toute sa turpitude,et l’attribue aux habitants de Chio . Rousseau, en ne nommantpas cette île, a voulu éviter l’application d’un mauvais jeu demots, et ne pas exciter le rire dans un sujet grave. En cela il abien fait sans doute ; mais c’est l’effet de la délicatesse de l’é-crivain plutôt que de celle de notre langue.
Ælien (livre ti, chap. i5) rapporte aussi ce fait ; mais il enaffoiblit la honte en disant que le tribunal des éphorcs futcouvert de suie , et il l’attribue à des Clazoméniens. (Note deM Petitain.)