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Tome I.
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LIVRE IV. 249

s'en émeuvent guère ; cette courte vie a trop peu deprix à leurs yeux.

Les troupes chrétiennes sont excellentes, nousdit-on. Je le nie : qu’on m’en montre de telles.Quant à moi, je ne cpnnois point de troupes chré-tiennes. On me citera les croisades. Sans disputersur la valeur des croisés, je remarquerai que , bienloin d’ètre des chrétiens, c’étoient des soldats duprêtre, c’étoient des citoyens de l’Église : ils sc bat-toient pour son pays spirituel, qu’elle avoit rendutemporel on ne sait comment. A le bien prendre,ceci rentre sous le paganisme : comme l’Évangilen’établit point une religion nationale, toute guerresacrée est impossible parmi les chrétiens.

Sous les empereurs païens, les soldats chrétiensétoient braves; tous les auteurs chrétiens l’assurent,et je le crois : c’étoit une émulation d’honneur con-tre les troupes païennes. Dès que les empereurs fu-rent chrétiens, cette émulation ne subsista plus; et,quand la croix eut chassé l'aigle, toute la valeurromaine disparut.

Mais, laissant à part les considérations politiques,revenons au droit, et fixons les principes sur cepoint important. Le droit que le pacte social donneau souverain sur les sujets ne passe point y commeje l’ai dit, les bornes de l’utilité publique (a). Les

(a) Dans ta république, dit le marquis d’Argeoson, chacun estparfaitement libre en ce qui ne nuit pas aux autres. Voilà la borneinvariable ; on ne peut la poser plus exactement. Je n’ai pu merefuser au plaisir de citer quelquefois ce manuscrit , quoiquenon connu du public , pour rendre honneur à la mémoire