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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

sujets ne doivent donc compte au souverain de leursopinions qu’autant que ces opinions importent a lacommunauté. Or il importe bien à l’état que chaquecitoyen ait une religion qui lui fasse aimer ses de-voirs : mais les dogmes de cette religion n’intéres-sent ni l’état ni ses membres qu’autant que. ces dog-mes se rapportent à. la morale et aux devoirs quecelui qui la professe est tenu de remplir envers au-trui. Chacun peut avoir, au surplus , telles opinionsqu’il lui plaît, sans qu’il appartienne au souveraind’en connoître : car, comme il n’a point de compé-tence dans l’autre monde, quel que soit le sort dessujets dans la vie à venir, ce n’est pas son affaire,pourvu qu’ils soient bons citoyens dans celle-ciIl y a donc une profession de foi purement civiledont il appartient au souverain de fixer les articles,non pas précisément comme dogmes de religion,mais comme sentiments de sociabilité sans lesquelsil est impossible d’être bon citoyen ni sujet fidèle (a).

d’un homme illustre et respectable, qui avoit conservé jusquedans le ministère le coeur d’un vrai citoyen, et des vues droiteset saines sur le gouvernement de son pays * *.

(a.) César, plaidantpour Catilina , tdchoit d’étahlirle dogmede la mortalité de l’âme : Caton et Cicéron , pour le réfuter,

* L’ouvrage du marquis d’Argenson, qui, lorsque Rousseau écrivoit son Contrat social, n’éloit encore connu 'U lu qu’eumanuscrit, a été imprimé à Amsterdam en 1764» sous le titrede Considérations sur le Gouvernement ancien et présent de la France,in 8 °; il a été réimprimé en 1784 dans la même ville, avec descorrections et changements faits sur les manuscrits de l’auteur,mort quelques années avant la première édition de sououvrage.