LIVRE IV.
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Sans pouvoir obliger personne à les croire , il peutbannir de l’état quiconque ne les croit pas ; il peutle bannir, non cbmme impie , mais comme insocia-ble , comme incapable d'aimer sincèrement les lois,la justice, et d’immoler au besoin sa vie à son de-voir. Que si quelqu’un , après avoir reconnu publi-quement ces mêmes dogmes, se conduit comme neles croyant pas, qu’il soit puni de mort; il a commisle plus grand des crimes, il a menti devant les lois.
Les dogmes de la religion civile doivent être sim-ples , en petitnombre, énoncés avec précision, sansexplications ni commentaires. L’existence de la di-vinité puissante, intelligente, bienfaisante, pré-voyante et pourvoyante , la vie à venir, le bonheurdes justes, le châtiment des méchants, la saintetédu contrat social et des lois ; voilà les dogmes posi-tifs. Quant aux dogmes négatifs, je les borne à unseul, c’est l'intolérance : elle rentre dans les cultesque nous avons exclus.
Ceux qui distinguent l'intolérance civile et l’into-lérance théologique se trompent, à mon avis. Cesdeux intolérances sont inséparables. Il est impossi-ble de vivre en paix avec des gens qu’on croit dam-nés ; les aimer seroit haïr Dieu qui les punit : il fautabsolument qu’on les ramèneou qu’on les tourmente.Partout où l’intolérance théologique est admise , il