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DU CONTRAT SOCIAL.
est impossible qu’elle n’ait pas quelque effet civil (a)jet sitôt qu’elle en a , le souverain n’est plus souve-rain , même au temporel : dès-lors les prêtres sontles vrais maîtres ; les rois ne sont que leurs officiers.
Maintenant qu’il n'y a plus et qu’il ne peut plus yavoir de religion nationale exclusive, on doit tolérertoutes celles qui tolèrent les autres , autant que leursdogmes n’ont rien de contraire aux devoirs du ci-toyen. Mais quiconque ose dire , Hors de l'Eglisepoint de salut , doit être chassé de l’état, à moins
(a) Le mariage, par exemple, étant un contrat civil, a deseffets civils, sans lesquels il est même impossible que la société *subsiste. Supposons donc qu’un clergé vienne é bout de s’attri- |lmer A lui seul le droit de passer cet acte, droit qu’il doit né- ;cessairement usurper dans toute religion intolérante ; alors |n’cst-il pas clair qu’en faisant valoir à propos l’autorité de {l’Eglise il rendra vaine celle du prince, qui n’aura plus de su- ?
jets que ceux que le clergé voudra bien lui donner. Maître demarier ou de ne pas marier les gens, selon qu’ils auront ou jn’auront pas telle ou telle doctrine, selon qu’ils admettront ourejetteront tel ou tel formulaire, selon qu’ils lui seront plusou moins dévoués, en se conduisant prudemment et tenantferme, n’est-il pas clair qu’il disposera seul des héritages, descharges, des citoyens, de l’état même, qui ne sauroit subsister -n’étant plus composé que de bâtards? Mais, dira-t-on, l’onappellera comme d’abus, on ajournera, décrétera, saisira le _temporel. Quelle pitié! Le clergé , pour peu qu’il ait, je ne *dis pas de courage, mais de bon sens, laissera faire et ira soutrain; il laissera tranquillement appeler , ajourner , décréter, ^saisir, et finira par rester le maître. Ce n’est pas, cç me sein- ,Lie, un grand sacrifice d’abandonner une partie, quand on cst^Hsûr de s’emparer du tout. ..