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CHAPITRE VI.
Questions des trois Ordres:
Je n’entends guère parler de gouvernement sanstrouver qu’on remonte h des principes qui me pa-raissent faux ou louches. La république de Pologne,a-t-on souvent dit et répété , est composée de troisordres5 l’ordre équestre, le sénat, et le roi. J’aime-rois mieux dire que la nation polonoise est compo-sée de trois ordres : les nobles , qui sont tout,* lesbourgeois, qui ne sont rien 5 et les paysans, qui sontmoins que rien. Si l’on compte le sénat pour unordre dans l’état, pourquoi ne compte-t-on pas aussipour tel la chambre des nonces, qui n’est pas moinsdistincte, et qui n’a pas moins d’autorité. Bien plus ;cette division, dans le sens même qu’on la donne,est évidemment incomplète,* car il y falloit ajouterles ministres , qui ne sont ni rois, ni sénateurs , ninonces , et qui, dans la plus grande indépendance ,n’en sont pas moins dépositaires de tout le pouvoirexécutif. Comment me fera-t-on jamais comprendreque la partie, qui n’existe que par le tout, formepourtant, par rapport autout, un ordre indépen-dant de lui? La pairie, en Angleterre, attenduqu’elle est héréditaire, forme , je l’avoue, un ordreexistant par lui-même. Mais en Pologne , ôtez l’or-dre équestre, il n’y a plus de sénat, puisque nul nepeut-être sénateur s’il n’est premièrement noble po~lonois. De même il n’y a plus de roi, puisque c’estTordre équestre qui le nomme, et que le roi ne10 . 4