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Tome II.
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GOUVERNEMENT

quoique les sénateurs fussent à vie : mais les loisavoient des censeurs, le peuple avoit des tribuns,et le sénat n’élisoit pas les consuls.

Pour que l’administration soit forte, bonne, etmarche bien à son but, toute la puissance exécutivedoit être dans les mêmes mains : mais il ne suffit pasque ces mains changent, il faut qu’elles n’agissent,s’il est possible , que sous les yeux du législateur,et que ce soit lui qui les guide. Voilà le vrai secretpour qu’elles n’usurpent pas son autorité.

Tant que les états s’assembleront et que les non-ces changeront fréquemment, il sera difficile que le'sénat ou le roi oppriment ou usurpent l’autorité lé-gislative. Il est remarquable que jusqu’ici les roisn’aient pas tenté de rendre les diètes plus rares,quoiqu’ils ne fussent pas forcés, comme ceux d’An-gleterre , à les assembler fréquemment sous peinede manquer d’argent. Il faut ou que les choses sesoient toujours trouvées dans un état de crise qui aitrendu l’autorité royale insuffisante pour y pourvoir,ou que les rois,se soient assurés, par leurs briguesdans les diétines, d’avoir toujours la pluralité desnonces à leur disposition, ou qu’à la faveur du libe-vum veto ils aient été sûrs d’arrêter toujours les dé-libérations qui pouvoient leur déplaire et de dissou-dre les diètes, à leur volonté. Quand tous ces motifsne subsisteront plus , on doit s’attendre que le roi,ou le sénat, ou tous les deux ensemble, feront degrands efforts pour se délivrer des diètes et les ren-dre aussi rares qu’il se pourra. Voilà ce qu’il fautsurtout prévenir et empêcher. Le moyen proposé