80
GOUVERNEMENT
ver dans son entier ce beau droit du liberum vetosans beaucoup de risque , et peut-être même avecavantage, pourvu qu’on eût rendu ce droit dange-reux a exercer, et qu’on y eût attaché de grandesconséquences pour celui qui s'en seroit prévalu ;car il est, j’ose le dire, extravagant que celui quirompt ainsi l’activité de la diète, et laisse l'état sansressource , s’en aille jouir chez lui tranquillementet impunément de la désolation publique qu’il acausée.
Si donc , dans une résolution presque unanime,un seul opposant conservoit le droit de l’annuler,je voudrois qu’il répondit de son opposition sur satête, non-seulement à ses constituants dans la dié-tine post-comitiale ; mais ensuite a toute la nationdont il a fait le malheur. Je voudrois qu’il fût or-donné par la loi que six mois après son opposition ilseroit jugé solennellement par un tribunal extraor-dinaire établi pour cela seul, composé de tout ceque la nation a de plus sage, de plus illustre, et deplus respecté, et qui ne pourroit le renvoyer simple-ment absous, mais seroit obligé de le condamner àmort sans aucune grâce, ou de lui décerner une ré-compense et des honneurs publics pour toute sa vie,sans pouvoir jamais prendre aucun milieu entre cesdeux alternatives.
Des établissements de cette espèce, si favorablesà l’énergie du courage et à l’amour de la liberté,sont trop éloignés de l'esprit moderne pour qu’onpuisse espérer qu’ils soient adoptés ni goûtés j maisils n’étoient pas inconnus aux anciens 5 et c’est par