GOUVERNEMENT
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également, je risquerai seulement sur les deux par-ties des finances et de la guerre quelques idées queje dois dire, puisque je les crois bonnes, quoiquepresque assuré qu’elles ne seront pas goûtées : maisavant tout je ferai sur l’administration de la justiceune remarque qui s’éloigne un peu moins de l’espritdu gouvernement polonois.
Les deux états d’homme d’épée et d’homme derobe étoient inconnus des anciens. Les citoyensn’étoient par métier ni soldats, ni juges, ni prêtres,ils étoient tout par devoir. Voilà le vrai secret defaire que tout marche au but commun, d’empêcherque l’esprit d’état ne s‘enracine dans les corps auxdépens du patriotisme , et que l’hydre de la chicanene dévore une nation. La fonction de juge, tantdans les tribunaux suprêmes que dans les justicesterrestres, doit être un état passager d’épreuves surlequel la nation puisse apprécier le mérite et la pro-bité d’un citoyen pour l’élever ensuite aux postesplus éminents dont il est trouvé capable. Cette ma-nière de s’envisager eux-mêmes ne peut que rendreles juges très-attentifs à se mettre à l’abri de toutreproche, et leur donner généralement toute l’at-tention et toute l’intégrité que leur place exige.C’est ainsi que dans les beaux temps de Rome onpassoit par la préture pour arriver au consulat.Voilà le moyen qu’avec peu de lois claires et sim-ples, même avec peu de juges, la justice soit bienadministrée, en laissant aux juges le pouvoir de lesinterpréter et d’y suppléer au besoin par les lumiè-res naturelles de la droiture et du bon sens. Rien