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Tome II.
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GOUVERNEMENT

officiers. De quelque petite inspection qu’on leschargeât, il en résulter oit des violences , des vexa-tions , des abus sans nombre ; les soldats et les ha-bitants dcviendroient ennemis les uns des autres :c’est un malheur attaché partout, aux troupes ré-glées : ces régiments toujours subsistants en pren-droient l’esprit, et jamais cet esprit n’est favorableà la liberté. La république romaine fut détruite parses légions quand l’éloignement de ses conquêtes laforça d’en avoir toujours sur pied. Encore une fois,les Polonois ne doivent point jeter les yeux autourd’eux pour imiter ce qui s’y fait même de bien. Cebien, relatif à des constitutions toutes differentes,seroit un mal dans la leur. Ils doivent rechercher uni-quement ce qui leur est convenable, et non pas ceque d’autres font.

Pourquoi donc , au lieu des troupes réglées , centfois plus onéreuses qu’utiles à tout peuple qui n’apas l’esprit de conquêtes , n’établiroit-on pas en Po-logne une véritable milice exactement comme elleest établie en Suisse , où tout habitant est soldat,mais seulement quand il faut l’être ? La servitudeétablie en Pologne ne permet pas, je l’avoue , qu’onarme sitôt les paysans : les armes dans des mainsserviles seront toujours plus dangereuses qu’utilesà l’état ] mais, en attendant que l’heureux momentde les affranchir soit venu, la Pologne fourmille devilles, et leurs habitants enrégimentés pourroientfournir au besoin des troupes nombreuses dont ,hors le temps de ce même besoin , l’entretien necoûteroit rien a l’état. La plupart de ces habitants