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n’ayant point de terres , paieraient ainsi leur con-tingent en service, et ce service pourrait aisémentêtre distribué de manière à ne leur être point oné-reux , quoiqu’ils fussent suffisamment exercés.
En Suisse , tout particulier qui se marie est obligéd’être fourni d’un uniforme, qui devient son habitde fête , d’un fusil de calibre, et de tout l’équipaged’un fantassin; et il est inscrit dans la compagniede son quartier. Durant l’été , les dimanches et lesjours de fêtes , on exerce ces milices selon l’ordrede leurs rôles, d’abord par petites escouades , en-suite par compagnies , puis par régiments, jusqu’àce que, leur tour étant venu , ils se rassemblent encampagne , et forment successivement de petitscamps, dans lesquels on les exerce à toutes les ma-nœuvres qui conviennent à l’infanterie. Tant qu’ilsne sortent pas du lieu de leur demeure , peu oupoint détournés de leurs travaux, ils n’ont aucunepaie; mais sitôt.qu’ils marchent en campagne , ilsont le pain de munition et sont à la solde de l’état ,et il n’est permis à personne d’envoyer un autrehomme à sa place , afin que chacun soit exercé lui-même et que tous fassent le service. Dans un étattel que la Pologne , on peut tirer de ses vastes pro-vinces de quoi remplacer aisément l’armée de» lacouronne par un nombre suffisant de milice tou-jours sur pied , mais qui, changeant au moins tousles ans , et prise par petits détachements sur tous lescorps , seroit peu onéreuse aux particuliers, dontle tour viendrait à peine de douze à quinze ans unefois. De cette manière, toute la nation seroit exer-