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GOUVERNEMENT
ccej on auroit une belle et nombreuse armée tou-jours prête au besoin , et qui coûteroit beaucoupmoins, surtout en temps de paix , que ne coûte au-jourd’hui l’armée de la couronne.
Mais, pour bien réussir dans cette opération, ilfaudroit commencer par changer sur ce point l’opi-nion publique sur un état qui change en effet dutout au tout, et faire qu’on ne regardât plus en Po-logne un soldat comme un bandit qui, pour vivre,se vend a cinq sous par jour, mais comme un citoyenqui sert la patrie et qui est a son devoir. 11 fautremettre cet état dans le même honneur où il étoitjadis, et où il est encore en Suisse et à Genève , oùles meilleurs bourgeois sont aussi fiers a leur corpset sous les armes, qu’a l’iiôtel-de-ville et au conseilsouverain. Pour cela , il importe que dans le choixdes officiers on n’ait aucun égard au rang, au créditet a la fortune, mais uniquement h rexpériencc etaux talents. Rien n’est plus aisé que de jeter sur lebon maniement des armes un point d’honneur quilait que chacun s’exerce avec zèle pour le service dela patrie aux yeux de sa famille et des siens ; zèlequi ne peut s’allumer de même chez de la canailleenrôlée au hasard , et qui ne sent que la peine des’exercer. J’ai vu le temps qu’à Genève les bourgeoismanœuvroient beaucoup mieux que des troupes ré-glées j mais les magistrats , trouvant que cela jetoitdans la bourgeoisie un esprit militaire qui n’alloitpas à leurs vues , ont pris peine à étouffer cetteémulation, et n’ont que trop bien réussi.
Dans l’exécution de ce projet on pourroit, sans'