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Tome II.
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DE POLOGNE .

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aucun danger , rendre au roi l’autorité militairenaturellement attachée à sa place , car il n’est pasconcevable que la nation puisse être employée às’opprimer elle-même , du moins quand tous ceuxqui la composent auront part à la liberté. Ce n’estjamais qu’avec des troupes réglées et toujours sub-sistantes que la puissance exécutive peut asservirl’état. Les grandes années romaines furent sansabus tant qu’elles changèrent à chaque consul* et,jusqu’à Marius, il ne vint pas même à l’esprit d'au-cun d’eux qu’ils en pussent tirer aucun moyen d’as-servir la république. Ce ne fut que quand le grandéloignement des conquêtes força les Romains de tenirlong-temps sur pied les mêmes armées, de les re-cruter de gens sans aveu, et d’en perpétuer le com-mandement à des proconsuls , que ceux-ci commen-cèrent à sentir leur indépendance et à vouloir s’enservir pour établir leur pouvoir. Les armées doSylla, de Pompée et de César devinrent de vérita-bles troupes réglées , qui substituèrent l’esprit dugouvernement militaire à celui du républicain ; etcela est si vrai, que les soldats de César se tinrenttrès-offensés quand , dans un mécontentement ré-ciproque , il les traita de citoyens, quirites (*). Dans

(*) Ce trait est rapporté par Suétone (in Jul. Cœs. cap. 70) etpar Tacite ( Annal- 1, 42 ) ; mais Rousseau n’a pas fait atten-tion que quirites n’est rien moins que synonyme’ de cives, etTacite en cet endroit même le fait bien sentir. Suivant laremarque de Dotleville, quirites étoit le nom qu’on donnoitau peuple romain assemblé dans Rome en temps de paix. Si