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Tome II.
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A M. BUTTA-FOCO.

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en Corse ; six mois passés sur les lieux m’instrui-ront plus que cent volumes. Mais comment entre-prendre un voyage aussi pénible, aussi long, dansl’état où je suis? le soutiendrai-je? me laisseroit-onpasser ? Mille obstacles m’arrêteroient en allant, l’airde la mer achèveroit de me détruire avant le re-tour. Je vous avoue que je désire mourir parmi lesmiens.

Vous pouvez être pressé ; un travail de cette im-portance ne peut être qu’une affaire de très-longuehaleine , même pour un homme qui se porteroitbien. Avant de soumettre mon ouvrage à l’examende la nation et de ses chefs , je veux commencerpar en être content moi-même : je ne veux rien don-ner par morceaux ; l’ouvrage doit être un ; l’on n’ensauroit juger séparément. Ce n’est déjà pas peu dechose que de me mettre en état de commencer :pour achever, cela va loin.

Il se présente aussi des réflexions sur l’état pré-caire où se trouve encore votre île. Je sais que, sousun chef tel qu’ils l’ont aujourd’hui, les Corses n’ontrien à craindre de Gènes : je crois qu’ils n’ont rienà craindre non plus des troupes qu’on dit que laFrance y envoie ; et ce qui me confirme dans cesentiment est de voir un aussi bon patriote que vousme paraissez l’être rester, malgré l’envoi de cestroupes, au service de la puissance qui les donne.Mais, monsieur, l'indépendance de votre pays n’estpoint assurée tant qu’aucune puissance 11e la recon-naît ; et vous m’avouerez qu’il n’est pas encoura-geant pour un aussi grand travail de l’entreprendre

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