A M. BTJTTA-FOCO.
163
lité, du moins la sûreté, me font prendre le partid’y rester sous la protection déclarée et confirméedu roi et du gouvernement. Ce n’est pas que j'aieperdu le plus vrai désir de vivre dans le vôtre; maisl’épuisement total de mes forces, les soins qu’ilfaudroit prendre, les fatigues qu’il faudroit essuyer,d’autres obstacles encore qui naissent de ma situa-tion , me font, du moins pour le moment, abandon-ner mon entreprise , à -laquelle, malgré ces diffi-cultés , mon cœur ne peut se résoudre à renoncertout-à-fait encore. Mais , mon cher monsieur , jevieillis, je dépéris , les forces me quittent, le désirs’irrite et l’espoir s’éteint. Quoi qu’il eu soit, rece-vez et faites agréer à M. Paoli mes plus vifs , mesplus tendres remerciements de l’asile qu’il a bien
voulu m’accorder. Peuple brave et hospitalier.
non, je n’oublierai jamais un moment de ma vieque vos cœurs , vos bras, vos foyers , m’ont étéouverts à l’instant qu’il ne me restait presque aucunautre asile en Europe . Si je n’ai point le bonheurde laisser mes cendres dans votre île , je tâcheraid’y laisser du moins quelque monument de mareconnoissance , et je m’honorerai aux yeux detoute la terre de vous appeler mes hôtes et mesprotecteurs.
Je reçus bien par M. le chevalier R.... la lettrede M. Paoli : mais, pour vous faire entendre pour-quoi j’y répondis en si peu de mots et d’un ton sivague, il faut vous dire , monsieur, que le bruit dela proposition que vous m’aviez faite s’étant répandusans que je sache comment, M. de Voltaire fit en-