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LETTRES
tendre à tout le monde que cette proposition étoitune invention de sa façon : il prétendoit m’avoirécrit au nom des Corses une lettre contrefaite dontj’avois été la dupe. Comme j’étois très-sûr de vous,je le laissai dire, j’allai mon train, et je ne vous enparlai pas même. Mais il fit plus , il se vanta l’hiverdernier que, malgré milord Maréchal et le roi même,il me feroit chasser du pays. Il avoit des émissaires,les uns connus , les autres secrets. Dans le fort de lafermentation a laquelle mon dernier écrit servit deprétexte, arrive ici M. de R..... il vient me voir delàpart de M. Paoli sans m’apporter aucunelettre ni dela sienne, ni de la vôtre, ni de personne: il refusede se nommer ; il venoit de Genève , il avoit vu mesplus ardents ennemis, on me l’écrivoit. Son longséjour en ce pays sans y avoir aucune affaire avoitl’air du monde le plus mystérieux. Ce séjour fut pré-cisément le temps où Forage fut excité contre moi.Ajoutez qu’il avoit fait tous ses efforts pour savoirquelles relations je pouvois avoir en Corse. Commeil ne vous avoit point nommé, je ne voulus point vousnommer non plus. Enfin il m’apporte la lettrede M. Paoli, dont je ne connoissois point l’écriture.Juge.z si tout celadevoit m’être suspect. Qu’avois-jcafaire en pareil cas ? lui remettre uneréponse dont atout événement on ne pût tirer d’éclaircissement;c’est ce que je fis.
Je voudrois à présent vous parler de nos affaireset de nos projets: mais ce n’en est guère le moment.Accablé de soins, d’embarras, forcé d’aller me cher-cher une autre habitation à cinq ou six lieues d’ici,