quatrième partie, CHAPITRE III. 189
vue, cette disposition m'avoit choqué; mais je finis par admirer lasagacité de l’auteur lorsque je crus avoir pénétré son dessein.
66i. La citadelle de Tournay , pour laquelle ce tracé a été ima-giné, étoit, en effet, composée d’une enceinte bastionnée, cou-verte par des demi-lunes et des tenaillons. Ces dehors avoientpeude saillie sur le corps de place, en sorte que l’assiégeant pouvoitcouronner à la fois tout le chemin couvert. En multipliant les obs-tacles sur les branches parallèles aux faces des bastions, Mégrigniobligeoit donc l’attaquant à s’attacher de préférence aux tenaillonset aux demi-lunes, et à détailler par conséquent toutes ces pièces,dont l’intérieur, comme je l’ai dit plus haut, étoit soigneusementcontre-miné. Je dois cependant observer que l’enveloppe, qui n’estqu’à 10 mètres environ du chemin couvert, en est beaucoup troprapprochée, et qu’elle pourroit gêner l’effet des fourneaux destinésà enlever les batteries de brèche.
6G2. Pour attaquer ce système , on établirait, comme dans l’exem-ple précédent, une troisième parallèle à peu de distance du pieddu glacis. Au centre de la portion circulaire, on ouvriroit un puits apour s’assurer de la tête de la galerie capitale, que l’on crèverait-par l’explosion d’un premier fourneau. On déhoucheroit ensuite dela parallèle par une sape debout dirigée sur l’arète du glacis de lademi-lune, en même temps que l’on chemineroit par deux ou troiszigzags sur la capitale du bastion. On établiroit bientôt après unequatrième parallèle, dans le fond de laquelle on ouvriroit sansretard deux nouveaux puits b et c. Enfin, dès la nuit qui suivroit rianckviti.cette opération, on feroit attaquer de vive force la place d’armes Fig. i 35 .saillante, et l’on construiroit le logement cld, dans lequel on ou-vriroit les quatre puits e, e, e, e, pour crever l’écoute E, dont laposition est indéterminée, et le cinquième puits/ 1 , pour acheverde ruiner la galerie qui se trouve sous la capitale. Ces puits de-vraient être chargés de i 5 o à 200 kilogrammes de poudre sansbourrage ( 547 )» et leur explosion rendrait l’assiégeant absolumentmaître du terrain embrassé par ses tranchées.