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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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10 ATHÈNES .

relie. Pour ramener laisance dans leurs maisons et lafécondité dans leurs terres, ils auraient besoin desbras des trois cent mille esclaves qui cultivaient autre-fois le sol de lAttique.

Ce sont bien toujours les Grecs étourdis, inquietset bavards que flagellait Aristophane , ceux dont saintLuc racontait que leur seule occupation était de direles nouvelles ou de les entendre dire. Ils ont conservédans le langage moderne les vieilles formules répu-blicaines; ils sappellent entre eux cciïelfs, frère! etils se promènent dans la rue en se donnant la main.

Amoureux du luxe extérieur, ils emploient leur dernierlepton à sacheter des vêtements splendides. 11 y a telpauvre Grec, qui porte un costume de cinq ou six centsdrachmes, et qui vit dans son intérieur dune manièreplus que frugale. Ils portent ce fameux costume alba-nais aux grandes guêtres brodées, à la fustanelle, jupeblanche aux mille plis, au gilet éclatant recouvert duneveste brodée, selon la solennité, de galons de soie,dargent ou dor. La fustanelle est unie à la veste parune ceinture qui leur serre la taille. Ils sont coiffés dutarpouch rouge, derrière lequel pend un gland de soiebleue. Ils ont de longues moustaches retroussées et degrands cheveux tombant en boucles sur les épaules.