Leurs figures sont belles, leur œil lier, leur démarcheélégante et gracieuse, un peu trop molle peut-être.Au milieu de tout cela, on remarque quelques costumesde Palikares, plus grossiers, mais plus sévères.
Cet ensemble est rehaussé par les deux croix del’Indépendance et de la Constitution, qui brillent surtoutes les poitrines. Malheureusement ce costume ori-ginal se perdra tous les jours. Depuis longtemps déjàles personnes d’un certain rang l’ont abandonné pournos habits étriqués, et cette manie se glisse peu à peudans le peuple. Cela nous exposa, le jour de notrearrivée, à une méprise assez ridicule : nous fîmes pen-dant cinq minutes les plus grandes politesses à un habitnoir dont la boutonnière laissait passer le ruban de laLégion-d’flonneur. Au lieu de couvrir le dos d’un ho-norable député du centre , il se trouva qu’il ne renfer-mait que l’importante personne d’un garçon d’hôtel.Ce n’est que plus tard que nous avons appris commentle peuple grec, lassé de l’uniformité de son uniquedécoration primitive, avait saisi l’occasion de la révo-lution du 3 septembre pour faire créer un ordre àruban rouge. La ville d’Athènes a été décorée eumasse.
Ce penchant naturel à l’ostentation se trahit encore