Buch 
D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
Entstehung
Seite
12
JPEG-Download
 

12 ATHÈNES .

dans l'ameublement des maisons. Ainsi, lo salon quiest destiné à être vu par les étrangers est entouré dundivan et décoré avec un certain luxe, pendant que lachambre à coucher est à peine garnie dun mauvaislit et dun coffre pour renfermer les vêtements.

Dans ce pays plein de souvenirs voluptueux, il estimpossible de se défendre de quelques velléités roma-nesques. Limagination est travaillée par la pensée deLaïs et dAspasie; mais le gynécée grec nest guèremoins avare que le harem turc. Il est très-rare derencontrer dans la rue une femme athénienne. Cepen-dant, à des heures fixes, on les voit passer pour serendre au bain. On sait quen Orient cest un des actesessentiels de la vie. Elles mettent à leur toilette uneextrême coquetterie; leurs cheveux surtout sont lobjetde soins minutieux ; elles passent de longues heuresà les peigner et à les parfumer. A certaines fêtes delannée, elles sortent aussi dans leurs plus richesatours ; mais elles ne prennent part à la vie socialequavec une extrême réserve. Elles gardent une grandesévérité de mœurs, en apparence du moins; le templede la Vénus populaire y a croulé comme tous les autres.

Elles ne sont pas, en général, dune grande beauté;pourtant elles ne manquent pas dattrait quand elles