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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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AT I1ÈNES.

dégénéré en impuissance. Ce grand peuple sécrouleaujourdhui avec le principe qui la créé. Le fatalismene peut être un élément de puissance que lorsquil faitdune nation entière un levier, une massue qui agitdune manière formidable entre les mains dun hommede génie. Pour régénérer lempire turc et le reconsti-tuer, il ne faudrait pas moins quun nouveau Mahomet ,prophète, législateur et soldat.

Les Grecs, au contraire, malgré leur débilité, sontdoués dun principe vital excessivement actif. Il ne setraduit point en actions utiles, mais en paroles nom-breuses. Leur intelligence rapide et rusée les rend aptesà toutes choses ; ils sont disposés à limitation , et leurimpatience est telle quils ne peuvent se soumettre àla marche lente du progrès réel ; ils sempressent decréer une civilisation factice, et ils adoptent étourdi-ment des lois qui sont en désaccord avec les hommeset les mœurs. Cette inquiétude éternelle, cette impa-tience hâtive indiquent seulement une exubérance devie. On conçoit que chez une nation ardente, aprèstrois siècles de servitude, dix années de liberté soientdix années de trouble; lenfance dun peuple est longue,et ce nest quà travers dhorribles douleurs quil arriveà sa virilité.