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AT I1ÈNES.
dégénéré en impuissance. Ce grand peuple s’écrouleaujourd’hui avec le principe qui l’a créé. Le fatalismene peut être un élément de puissance que lorsqu’il faitd’une nation entière un levier, une massue qui agitd’une manière formidable entre les mains d’un hommede génie. Pour régénérer l’empire turc et le reconsti-tuer, il ne faudrait pas moins qu’un nouveau Mahomet ,prophète, législateur et soldat.
Les Grecs, au contraire, malgré leur débilité, sontdoués d’un principe vital excessivement actif. Il ne setraduit point en actions utiles, mais en paroles nom-breuses. Leur intelligence rapide et rusée les rend aptesà toutes choses ; ils sont disposés à l’imitation , et leurimpatience est telle qu’ils ne peuvent se soumettre àla marche lente du progrès réel ; ils s’empressent decréer une civilisation factice, et ils adoptent étourdi-ment des lois qui sont en désaccord avec les hommeset les mœurs. Cette inquiétude éternelle, cette impa-tience hâtive indiquent seulement une exubérance devie. On conçoit que chez une nation ardente, aprèstrois siècles de servitude, dix années de liberté soientdix années de trouble; l’enfance d’un peuple est longue,et ce n’est qu’à travers d’horribles douleurs qu’il arriveà sa virilité.