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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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ATHÈNES .

reçu quelque éducation. Ils le lisent avec passion, etles souvenirs de lantiquité, dont ils aiment les glorieuxrécits, les consolent un peu des malheurs du tempsprésent. Cest sans doute quelque chose de remarquableque lintelligence de tout un peuple qui fait du plusgrand des poètes une espèce de Bible il vient puiserla connaissance du passé et lespérance pour lavenir.Aussi les vers dHomère , qui sont gravés dans leurmémoire, servent souvent dexpression à leur enthou-siasme, et cette langue magnifique emprunte à leurdiction une harmonie cadencée qui échappe tout à faità notre prononciation barbare.

Leur littérature nationale est encore bien pauvre ; lerépertoire de leur théâtre est composé d'opéras italienset de pièces françaises traduites en grec. VAvare deMolière a été applaudi sur le théâtre dAthènes à côtédun vaudeville de M. Scribe. Un poète athénien ,M. Alexandre Soutzo, a imité avec bonheur quelqueschansons de Béranger. Lui-même a écrit de beaux vers.Ses chants les plus goûtés sont ceux que lui a inspiréslhorreur des Bavarois :

« Ces Gothssans gloire, ces enfants dune terrege-« léc, de quel droit viennent-ils secouer sur le sol de« la Grèce la boue impure de leurs pieds! »