C’est ainsi que naissent les littératures. Leur pre-mière œuvre est toujours dictée par un sentiment pa-triotique. Les chansons et les hymnes de guerre, quisont la première formule poétique, précèdent les odeset les poèmes, comme ceux-ci précèdent les drames.Déjà M. Rizo Rangavi, un poète tragique, a produitquelques essais remarquables. A mesure que la langues’épurera, les belles traditions reviendront; et, si l’in-dépendance de la Grèce est maintenue, elle donnerasans doute avant la fin du siècle quelques écrivainsremarquables.
Toutefois les idées d’art, malgré la présence demonuments admirables, n’ont pas encore été vulgari-sées en Grèce ; mais on n’y a pas imité du moins la cou-pable incurie dont les Turcs avaient donné l’exemple.
Lorsque Mahomet U entra à Constantinople , onraconte qu’il brisa d’un coup de sa hache d’armes unedes têtes de serpent qui supportaient le trépied deDelphes . C’était le dernier oracle qui devait être rendusur ce trépied, et jamais prédiction ne fut mieux ac-complie. Ce coup de hache du vainqueur présageait le.sort des monuments dans tout l'empire turc.
M. Pittakis, qui a été chargé à Athènes de l’inspec-tion des monuments, a consacré sa vie à cette tâche