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lui demandant justice. Celui-ci prit vivement part àson indignation et lui offrit de fixer lui-même la peinequi devait être infligée. IH. Pittakis, exaspéré, luidemanda le nez du malheureux officier. L’amiral com-mua la peine en une amende considérable, qui a étéemployée aux travaux de l’Acropole .
Il a fallu vraiment, pour sauver d’une destructioncomplète ces chefs-d’œuvre de l’art, qu’un hasard pro-videntiel les ait protégés. Cette vieille terre de l’Attiquea été le théâtre de tant de révolutions, de tant deguerres, qu’on ne peut assez admirer qu’un seul mo-nument soit resté debout sur un sol ébranlé par tantde secousses. Ils avaient échappé au marteau d’Alaric,à l’ignorance indifférente des ducs d’Athènes , à lagrossièreté des Catalans, et il faut qu’en 1650 un coupde tonnerre enflamme un magasin de poudre, et fassesauter une partie des Propylées; qu’une bombe vénitiennedétermine une seconde explosion sous le Parthénon ;qu’un soldat stupide fasse descendre les statues dufronton et les brise en accomplissant son œuvre sacri-lège ; que les Turcs, ces aveugles contempteurs deschoses d’art, y établissent leur forteresse et leur mos-quée; enfin, qu’un impie ravisseur vienne, de nosjours, à la face de l’Europe civilisée, briser les métopes