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ATHÈNES.
il rencontra notre homme. Celui-ci. parmi sentimentde honte, cherchait à l'éviter; mais M. Pittakiscourutà lui. Il exprima sa douleur d’une manière si vraie, ilmontra un désespoir si profond, que le jeune hommefut troublé jusqu’au fond de l’âme. Il rentra chez luitout ému. Alors commença un combat qui fut long etincertain; il avait en sa faveur les mille raisons con-cluantes qui ne font jamais défaut à l’homme entraînépar une passion. Enfn, son cœur honnête triomphade son imagination d’artiste, et le lendemain M. Pit-takis poussa un cri d’étonnement quand, en rentrantdans le temple, il retrouva la tête à sa place et in-tacte. Dans l'égarement de sa joie, il courut chez sonami pour lui annoncer la merveille. Ce n’était rienmoins qu’un miracle que Minerve ou la Panagia ( laVierge) avait accordé à ses prières. Le jeune hommelui serra vivement la main.
Quelques jours après, comme ils fumaient paisible-ment leurs chibouks par une belle soirée d’été, l’étran-ger, dans un moment d’expansion, avoua son crimeau grand étonnement de son ami ; mais il décrivit sescombats d’une façon si pathétique qu’une larme tombades yeux de l’excellent homme et qu’il serra le jeuneartiste dans ses bras.