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On a donc aujourd’hui la consolation de voir cesmonuments confiés à une main intelligente, respectéset mis à l’abri de toute dégradation. Mais qui peut liredans l’avenir? Qui sait le sort réservé à cette jeuneGrèce si pleine d’espoir? C’est le devoir des rois del’Europe de veiller sur ces débris sacrés , et de mettreau ban de leur toute-puissance celui qui oserait portersur eux une main sacrilège.
En dehors de la ville et de l’Acropole , les noms cé-lèbres qui attirent le voyageur aux environs d’Athènes trompent souvent ses espérances. On n’y rencontreguère que quelques débris de colonnes, et ces coursesne servent qu’à compléter l’étude des monuments déjàvus par l’étude de la Nature.
Dieu a donné à chaque terre une beauté particulière,analogue à sa situation et à sa forme. Les forêts del’Amérique ont leur .poésie comme le désert, et lesmontagnes de marbre ne sont point faites comme cellesde granit. Dans nos pays du Nord, où les montagnessont revêtues d’une robe de brume et de nuages etd’une ceinture de forêts, elles ont un caractère heurté,pittoresque, terrible, grandiose. En Grèce , où le cielest clair et profond, où les montagnes exposent auregard une nudité sans voile, Dieu a voulu arrondir