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leurs formes avec plus île grâce, et laisser au soleil lesoin d'animer et de varier leur beauté par des effetsd’ombre et de lumière.
Au premier abord, cette beauté simple paraît bienmisérable auprès des spectacles variés que présententles plaines et les montagnes de l’Occident . 11 faut quel’habitude efface lentement cette première impression.Un jour que je m’acheminais vers le mont Pentéli pourvisiter les carrières de marbre; cette nature uniforme,sobre de végétation, qui m’attristait quelques joursavant, changea peu à peu de caractère à mes yeux.Après avoir traversé la zone de culture qui enceint laville, nous étions arrivés sur un plateau inculte couvertd’arbres nains, de genévriers, de lentisques, de myrteset de lauriers-roses; l’air frais du matin passait chargédu parfum des plantes ; les abeilles commençaient àbourdonner sourdement. Devant nous le Pentéli, tra-çant dans le ciel des lignes gracieuses, revêtait, sousles premiers rayons du soleil, une couleur fauve. Quel-ques pins-parasols, admirablement groupés, étaientrépandus sur les cimes inférieures, et le long de lamontagne serpentait un chemin d’une blancheur écla-tante tracé par les débris du marbre. Je trouvai celatrès-beau, et pour la première fois je saluai avec