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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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AXIIÈNES. 43

contre sur sa route quelques vestiges de la Voie Sacrée;on peut reconnaître en certains endroits lornière queles chars ont creusée dans le rocher. On a devant lesyeux un golfe auquel sattachent les deux noms de Sa-lamine et dEleusis. Cela suflit. On rentre chez soi lecœur satisfait. Tel est lhéritage que de nobles aïeuxtransmettent a leurs petits-(ils. Le golfe est vide, laplaine est inculte, les temples ont croulé ; mais ce quimanque à la grandeur et a lanimation de ces lieux ,limagination le complète.

Voila pourquoi tant de voyageurs ont passé les merspour aller sasseoir sur le bord de quelque ruisseau tari,pour rever sur les bords desséchés du Cédron, de IJIis-sus ou du Simoïs. Les Turcs, dans leur gros bon sens,les ont pris pour des fous.

Le jour de notre visite à Eleusis je rencontrai un jeuneGrec qui avait été a Paris un de mes camarades détu-des; car aujourdhui les Athéniens viennent aux écolesde Paris , comme autrefois les Romains a celles dAthè­ nes . Il y avait quatre ans quil mavait quitté pourrevenir dans son pays, plein de confiance et despoir.Il croyait quil suffirait de quelques années de calmeet dun peu de liberté pour rendre a sa Grèce chériesou ancienne splendeur. Joie retrouvais triste, rêveur,