AXIIÈNES. 43
contre sur sa route quelques vestiges de la Voie Sacrée;on peut reconnaître en certains endroits l’ornière queles chars ont creusée dans le rocher. On a devant lesyeux un golfe auquel s’attachent les deux noms de Sa-lamine et d’Eleusis. Cela suflit. On rentre chez soi lecœur satisfait. Tel est l’héritage que de nobles aïeuxtransmettent a leurs petits-(ils. Le golfe est vide, laplaine est inculte, les temples ont croulé ; mais ce quimanque à la grandeur et a l’animation de ces lieux ,l’imagination le complète.
Voila pourquoi tant de voyageurs ont passé les merspour aller s’asseoir sur le bord de quelque ruisseau tari,pour rever sur les bords desséchés du Cédron, de I’JIis-sus ou du Simoïs. Les Turcs, dans leur gros bon sens,les ont pris pour des fous.
Le jour de notre visite à Eleusis je rencontrai un jeuneGrec qui avait été a Paris un de mes camarades d’étu-des; car aujourd’hui les Athéniens viennent aux écolesde Paris , comme autrefois les Romains a celles d’Athè nes . Il y avait quatre ans qu’il m’avait quitté pourrevenir dans son pays, plein de confiance et d’espoir.Il croyait qu’il suffirait de quelques années de calmeet d’un peu de liberté pour rendre a sa Grèce chériesou ancienne splendeur. Joie retrouvais triste, rêveur,