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SM Y UNE.
Nous passâmes devant l’ilc de Chio, couverte d’oran-gers et de citronniers. Ce pays enchanté donne l’idéedu calme et du bonheur, et cependant il y a quelquesannées à peine que cette terre a été ensanglantée parune guerre d’extermination. Les femmes chrétiennesont été emmenées en esclavage, en présence de l’Europe chrétienne qui regarde et qui laisse faire.
Depuis que nous avions quitté les eaux de la Grèce ,la nature avait changé d’aspect. Au lieu de montagnesincultes et dépouillées, un pays vert et boisé se dérou-lait devant nous. Nous aperçûmes bientôt le châteaublanc qui défend l’entrée du golfe de Smyrne . Ce golfeest une espèce de lac, fermé par une langue de terreque les alluvions del’Uermus augmentent tous les jours.Il ne communique avec la mer que par un étroit passage.Dès qu’on en a franchi l’entrée, on jouit d’un grandspectacle. Deux montagnes a droite et a gauche encei-gnent le golfe, et une colline qui en occupe un desangles forme le fond du tableau. Les maisons s’avan-cent jusque dans la mer, s’écartent à gauche dans laplaine, puis reviennent, en remontant le cours du Mê-lés, s’appuyer ’a cette colline qu’elles envahissent jus-qu’à la moitié de sa hauteur. La partie supérieure estun terrain vague surmonté d’un fort ruiné. C’est le