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par toutes les nations qui ont une issue sur la méditer-ranée; les vaisseaux de la France et de l’Italie , de l’An-gleterre et de l’Autriche , de la Grèce , de l’Espagne etde la Russie se donnent rendez-vous devant le quai dela Marine; les comptoirs de tous les pays se rencontrentdans la rue Franque, les chameaux chargés des richessesde la Perse se croisent sur le pont des Caravanes, avecles voyageurs européens ; h côté d’un hôtel franc, ily a un khan ; à côté de la mosquée, une église ; auprèsdu temple, une synagogue; la fumée du cigare euro-péen se mêle aux parfums qui brûlent sur le narghilé ;c’est un grand caravansérail où toutes les nations semêlent et se confondent, où toutes les langues se par-lent, où tous les costumes se coudoient.
Seule, la population turque, se trouvant mal a l’aiseau milieu de ce mouvement qui contrarie ses habitudesde calme et sa religion jalouse, se tient a l’écart, et,reculant devant l’invasion étrangère, reflue à l’extré-mité de la ville opposée au port, et se retire sur lemont Pagus, comme dans une citadelle.
Outre la multiplicité des intérêts et des peuples étran-gers qui se croisent a Smyrne , il y a aussi, parmi lesnations attachées au sol, une grande diversité de races,d'habitudes et de religion. En dehors de cette ville tur-