52
mitable que la désinvolture du schâll parisien. Leurscheveux abondants et fins s’en échappent en longuestresses, qui caressent leurs épaules veloutées; des grap-pes de fleurs de marronniers, des œillets, des rosessont disposés sur leur tète de la façon la plus coquette;et leur petite veste brodée , qu’elles garnissent defourrures en hiver, ne le cède pas en grâce originale àla mantille espagnole et maltaise.
Les maisons sont très-basses, les balcons sont desespeces de galeries vitrées qui s’avancent sur la rue; ilsne sont pas très-élevés, en sorte que lorsqu’on passeil cheval dans fe quartier grec ou arménien, on s’enva tout émerveillé, découvrant à chaque pas un nou-veau nid peuplé de gracieuses figures.
Les yeux des Smyrniotes sont bleuis tout autour avecune préparation particulière, ce qui les fait paraîtreplus grands et plus brillants ; leurs sourcils sont peints ;elles regardent les étrangers d’une façon si hardie, queplus d’un nouvel arrivé, trompé par ce regard pro-voquant, a été durement accueilli sur l’escalier de cespalais de fées.
On a l’habitude a Smyrne de se promener sur desânes. L’orgueil du voyageur européen se révolte d’abordde l’humilité de ces montures; maison finit par en