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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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SMYHNE.

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prendre son parti, et lon passe dans la rue des Bosesavec autant daplomb que les gentlemen-riders dansles rues de Londres , sur les plus nobles chevaux delAngleterre.

Lorsque la chaleur de midi invite au repos, on peutse réfugier dans des calés aériens suspendus sur la mer.Ce sont des kiosks grossièrement faits, supportés pardes pieux plantés dans leau. on jouit à la fois de lafraîcheur du vent de mer, et de la vue du golfe traverséen tous sens par des voiles blanches. On voit les vaguesbouillonner sous ses pieds à travers les planches maljointes, et leur bruit monotone porte à la rêverie. DesGrecs intelligents et alertes préparent des narghilés,et lon y consomme une grande quantité de tasses decafé.

Mais le plus charmant, le plus poétique des cafés deSmynie est situé sur le Mêlés, auprès du pont des Ca-ravanes. 11 est suspendu parmi des branches darbresen face des magnifiques bois de cyprès du champ desmorts. Jy suis venu bien souvent, fuyant les ardeursdu jour, contempler cet humble ruisseau qui a donnéun surnom à Homère , et voir passer les longues filesde chameaux, sur ce pont des Caravanes, dont le nomseul autrefois éveillait dans mon esprit de folles idées