de voyage. 11 est modeste et fait d’une seule arche, maisil a un beau nom, et sert à traverser le Mêles. C’est unjoli petit ruisseau, qui côtoie les cimetières turcs, etqui perd ses gracieux méandres parmi les mûriers, lescyprès et les térébinthes.
La touchante légende de la naissance d’Homère dé-posé parmi ses roseaux lui a fait un nom plus célèbreque celui des plus grands fleuves. Smyrnc a retenuce glorieux souvenir et on y trouve encore plusieursfamilles qui portent le nom d’Homère . Une singulièredestinée a réuni sur le même sol des descendants desrois de Jérusalem ; et il y a à Smyrne des marquis deLusignan, qui ne songent guère a la gloire de leurs an-cêtres.
Auprès des cafés en plein air, la civilisation a établides casinos, ou cercles dans lesquels se réunit la sociétéfranque, et où l’on reçoit les journaux et les revues d’Eu rope . On y donne quelquefois des bals magnifiques, etsi l’on ouvre les fenêtres, les femmes peuvent entendrese mêler au chant des instruments le murmure de cettemer ionienne, sur laquelle naquit autrefois la blondedéesse, Vénus a la riche ceinture.
La vie matérielle est facile dans cet heureux pays.La baie y fournit des poissons excellents, et la terre y